Les Beloudjs

L’espace vital des beloudjs

Il serait faux de croire que les ouvrages attribués aux beloudjs proviennent du Béloudjistan même, province située au Pakistan. Il sont confectionnés par des tribus émigrées au nord, le long de la frontière entre l’Afghanistan et l’Iran. Cette région s’étend de Zahedan au sud jusqu’à Sabsawar et Meshed au nord.

 

L’ordre social

Chaque individu appartient à une famille. Plusieurs familles forment une «phara» appelée aussi «takar» (sous-tribu). Plusieurs takars forment un «bolak» (tribu) et plusieurs bolaks constituent un «touman » (peuple). Au «toumandar» (chef du peuple) obéissent les «moukaddams» (chef de tribu). Ces fonctions de commandement sont héréditaires. La famille du toumandar appartient toujours à une tribu élue, appelée la «phaghlogh» (maison du turban). La fonction de chef se signale toujours par un turban particulier. L’origine des cinq peuples beloudj remonte à un certain Djalal Khan, qui avait quatre fils et une fille.

Ils s’appelaient Rind, Lashar, Hot Korai et Djato. Au départ environ quarante bolaks suivaient Djalal Khan. A sa mort, les tribus se sont soumises à l’un des fils. Plus tard chacun des cinq peuples prit le nom d’un des enfants.

 

Le nouage des tapis selon la tradition beloudj

Les beloudjs qui nouent des tapis vivent principalement au Khorassan et quelques uns à Sistan.

L’auteur anglais C.A. Edwards rapporte, en se basant sur les informations données par M. Sadjdjadi de Meshed, qui faisait autorité en matière de nomades du Khorassan, que les beloudj avaient été déportés du Beloudschistan au Khorassan par Nadir Shah au 18ème siècle. Ceux-ci seraient les authentiques anciens beloudjs du Khorassan.

Un deuxième déplacement aurait été provoqué vers 1890 par une famine au Sistan.

 

Les timouri

sont d’importants producteurs de tapis et méritent à ce titre une attention particulière. Le mot «timouri» signifie «appartenant à Timour» ou «descendant de Timour ». Timour Lang (1336 –1405) est célèbre pour sa conquête de l’Asie. Il descendait lui-même de Djengis-Khan le conquérant (1155– 1227), fondateur de l’empire mongole.

Les formats

Les dimensions et les sortes de tissages sont déterminées par les besoins de la vie nomade et par les dimensions de la tente beloudj.

 

Le tapis de tente (Ghali, Ghalitche, Germetch)

Les jours ordinaires, le sol de la tente est rarement recouvert de tapis. Le revêtement habituel est une natte en feutre grossier et de couleur foncée ou une toile de tente en poil de chèvre sombre, trop vieille pour servir de toit. Lorsqu’il y a des visites on y étend des tapis. Les dimensions de ces tapis sont les suivantes:

Ghali: 115–215 x 230–350 cm, le plus souvent tissé;

Ghalitche: 85–130 x 140 –230 cm.

 

Des sofrehs pour chaque usage

Sofreh est l’appellation générale pour les kilims de petites dimensions.

Leur grandeur moyenne se situe entre 60 et 120 cm de large et 150 et 250 cm de longueur.

Ils sont confectionnés selon les techniques les plus diverses et présentent des parties nouées dans la bordure ou même dans le champ.

On classe les sofreh selon leur fonction:

- ceux qui servent de nappe sont longs et étroits

- les carrés jusqu’à 150 cm de côté sont utilisés pour conserver la pâte à pain. Ils portent le nom de «sofreh ardi»ou «sofreh nanpazi » (nan = pain, pazi = cuire). - les carrés de plus de 150 cm de côté sont des «roukorsi» ou «sofreh rou-korsi» ce qui signifie: couverture de fourneau.

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Coussin (Balicht)

Ces ouvrages caractéristiques des beloudjs sont noués du bon côté, tissés au dos et mesurent environ 45–55 cm x 70 –150 cm.

 

Grande poche (Khourdchine)

Elle sert à ranger et à transporter les habits et les ustensiles de ménage. Elle peut être carrée ou rectangulaire.

 

Poche à sel (Namakdan)

Elle sert à conserver le sel et a une forme de bouteille.

 

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